Top Gun (Machimus cyanopus, Asilidae) !

Version française
English translation
British and American flags

 

Quand on parle de mouches vient souvent en tête l’archétype de la « mouche à merde », à savoir un truc plus ou moins gros et plus ou moins noir qui ne vole pas très adroitement tout en faisant bzzzz, et qui aime se vautrer dans les excréments. Dur de se dire que parmi ces insectes se trouvent de véritables pirates de l’air, dont l’agilité et les tactiques de combat feraient passer les pilotes de Top Gun pour de simples amateurs. Ces mouches badass, ce sont les Asilidae, que les anglais appellent communément « robber flies » (mouches voleuses) voire « assassin flies » (mouches assassines) !

Les Asilidae forment, comme le suffixe –idae l’indique, une famille, appartenant à l’ordre des Diptera (diptères). Comme tous les diptères (à quelques exceptions près), ils ne possèdent que deux ailes et sont holométaboles : de l’œuf sort une larve qui finit par se métamorphoser en nymphe (appelée pupe dans le cas des diptères) et de la pupe sortira l’adulte. Une première différence entre elles et les « mouches habituelles » est leur régime alimentaire : les Asilidae sont, au stade adulte, carnivores. Et tout y passent : autres mouches, abeilles, guêpes, coléoptères, libellules… Ces têtes brulées n’ont pas peur de s’attaquer à des insectes ayant les moyens de répliquer. Pour avoir l’avantages sur ces proies qui pour certaines d’entre-elles occupent habituellement le rôle du chasseur, les Asilidae ont développés une excellente maîtrise du vol et possède une très bonne agilité ainsi qu’une très bonne vue. Ils utilisent même d’audacieuses techniques de chasses ! Ce ne sont pas vraiment des insectes errants, volants de manière erratique à la recherche de proies. Ils sont plus implacables. Ils se posent en embuscade au sommet d’un promontoire de fortune, puis attendent de repérer grâce à leur excellente vision un insecte qu’ils pourraient chasser. Une fois qu’une proie est repérée, ils se lancent à son assaut ; souvent la proie se fait intercepter en plein vol !

Leur morphologie même témoigne de ce mode de vie particulier. Les Asilidae possèdent de grandes et solides épines sur leurs pattes, notamment sur leurs pattes antérieures (avant), ce qui leur permet de tenir fermement leur proie. Et quand on intercepte un insecte en plein vol, mieux vaut bien s’y agripper. Sur leur face, on peut apercevoir la présence de nombreuses soies (structures comme des « poils » mais qui ne sont en fait pas des poils) que l’on appelle le mystax (ou moustache), ce qui leur vaut d’être parfois qualifiés de « mouches à moustache ». Cette barrière leur sert à protéger leurs yeux d’éventuels mouvements défensifs de leurs proies. Les Asilidae possèdent un proboscis (ou trompe) spécialement modifié pour pouvoir percer la cuticule des insectes qu’ils attrapent, préférentiellement en leurs point faibles. Pour neutraliser leurs proies, les Asilidae injectent un cocktail de substances neurotoxiques et d’enzymes permettant de liquéfier l’intérieur. Il en résulte une soupe que l’Asilidae aspirera.

Identifier un Asilidae n’est pas chose facile dans la plupart des cas. Il s’agit d’une famille très diversifiée, et il faut souvent avoir accès à des critères bien spécifiques pour pouvoir déterminer l’espèce, ainsi que savoir utiliser les quelques clefs d’identifications qui existent pour cette famille. Ici, l’ovipositeur à l’extrémité de son abdomen (la partie noire) indique que l’on a une femelle, l’habitus, l’étude des différentes soies de son corps ainsi que la forme de l’ovipositeur nous indique que c’est une femelle Machimus cyanopus.

 


 

Dernière mise-à-jour : 22 février 2021

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