La chrysope : un insecte vert et or (Chrysopa sp.) !

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Les courbes élégantes, une couleur malachite pouvant tirer légèrement vers l’azur, des ailes à la charpente artistique, et des yeux cuivrés qui se teintent d’or : voilà comment l’on pourrait décrire les chrysopes ! Sous leur aspect frêle se cache comme souvent une incroyable complexité ainsi que des caractéristiques et comportements étonnants !

D’abord, Faisons un point d’identification ! Les chrysopes ne sont ni des libellules, ni des mouches, ni des papillons, mais appartiennent à l’ordre des Neuroptera (ou névroptères). Plus particulièrement, le terme « chrysope » désigne les névroptères appartenant à la famille des Chrysopidae. De nombreuses personnes réduisent les chrysopes à seulement deux espèces : Chrysopa perla et Chrysoperla carnea (je vous laisse apprécier le Chrysopa perla qui est une espèce, et le Chrysoperla qui est un genre, parfois je ne sais pas ce qui passe dans la tête des taxinomistes), souvent appelées plus communément « chrysopes vertes », ou « demoiselles aux yeux d’or », bien que ces expressions peuvent aussi être utilisés (faussement) pour désigner les chrysopes en général. Bref, c’est la galère habituelle des noms communs, on ne sait plus trop exactement ce qu’ils signifient. Cela étant dit, la famille des Chrysopidae contient beaucoup plus d’espèces, réparties en de nombreux genres (Chrysopa, Chrysoperla, Dichochrysa, Nineta et j’en passe). L’identification des chrysopes est donc bien plus difficile et ardue que ce que croit la plupart des gens. Souvent, on peut juste exclure certaines espèces ou certains genres ! Ici, la présence d’une tache noire inter-antennaire, le vertex (sommet de la tête) avec au moins une tache noire, l’absence d’anneaux noirs sur les antennes et les nervures alaires a priori vertes au niveau du champ costal (une certaine partie de l’aile) indique qu’on est dans le genre Chrysopa. Il faudrait examiner d’autres détails pour obtenir l’espèce.

Ensuite penchons-nous sur leur cycle de vie, assez intéressant. Pas au niveau des étapes traversées, ce sont des holométaboles comme beaucoup d’autres insectes, mais intéressant par les stratégies mis en place à chacun des stades de croissance. Comme souvent, tout débute par un œuf. Mais déjà cet œuf est unique : il est accroché à un support via un pédoncule, pour le placer hors de portée d’éventuels prédateurs ! Certaines espèces espacent leurs œufs pédonculés tandis que d’autres font de véritables grappes d’œufs pédonculés ! La larve (qui me rappelle d’ailleurs un peu les Goa’Uld de Stargate) qui émerge de l’œuf est carnivore, extrêmement vorace et raffole de pucerons, ce qui en fait un précieux auxiliaire de culture. C’est même pour cela qu’on les appelle couramment les « lions des pucerons » ! Certaines larves peuvent même porter une enveloppe de débris sur leur dos, dont le rôle est encore sujet à débat. Puis la larve tisse un cocon de soie dans laquelle elle va se transformer en pupe, pupe qui garde ses capacités motrices ! Au bout d’un certain temps, dépendant de l’espèce et de la température, de la pupe émergera un adulte. Selon les espèces, l’adulte peut-être carnivore, ou se nourrir de pollen et de nectar, et peut vivre entre plusieurs semaines et plusieurs mois !

Enfin, les chrysopes ont également la surprenante faculté de pouvoir chanter. Enfin, ce ne sont pas des chants comme on l’entend nous humains, et c’est d’ailleurs inaudible pour une oreille humaine. Les mâles et femelles chrysopes lors des parades nuptiales, peuvent taper le substrat de leur abdomen produisant ainsi des vibrations. Ces chants peuvent aussi être utilisés entre mâles et chaque espèce semble avoir son propre répertoire ! D’ailleurs, à l’instar des criquets, l’étude des chants peut permettre de séparer les différentes espèces. Les chrysopes possèdent également une oreille sur chacune de leurs ailes antérieures ! Plus précisément, dans un renflement situé à la base de la nervure sous costale. Ce n’est pas vraiment une oreille proprement dite, juste un tympan, mais ça leur sert notamment (voire exclusivement) à détecter les ultrasons qu’émettent les chauves-souris pour traquer leur proie, et ainsi éviter de se faire becqueter par ces derniers ! Ces tympans sont parmi les plus petits chez les insectes.

 


Dernière mise-à-jour : 10 janvier 2021

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