Apéro et Hogna radiata (Aperitif and Hogna radiata) !

Le souffle court. Les muscles endoloris. Le cœur qui bat la chamade. Elle était cachée, immobile, essayant de leur échapper. Elle n’aurait jamais cru les rencontrer un jour et d’ailleurs ne pensait même pas qu’ils existaient vraiment ! Certes, elle avait entendue des rumeurs de choses volantes mystérieuses, de lumières qui apparaissaient subitement dans le ciel… Des lumières qui parfois se posaient au sol et qui, en repartant, ne laissaient guère plus qu’une trace sur l’herbe, ainsi que des disparus… D’ailleurs, certains de ses prétendus enlevés refaisaient surfaces, et tout en prétendant avoir été relâché ou s’être enfui, racontaient avoir rencontrés des êtres pâles et roses… Mais ce n’était que des légendes urbaines tout cela ! Ce n’était que des histoires imaginaires, à seule fin de se faire remarquer ! Enfin, c’est ce qu’elle pensait jusqu’à il y a quelques minutes… Comme tous les soirs, elle était partie se promener sur la lande. Mais assez rapidement quelque chose la troubla … Elle eut l’impression qu’il y avait des choses mouvantes dans l’air… Des choses immenses… Mais vous savez bien que parfois l’imagination prête des formes et des sensations inexistantes à la nuit… C’est ce qu’elle se disait pour se rassurer. Quand soudain le ciel s’embrasa d’une lumière intense et étincelante tandis que d’incroyables vibrations émanèrent de partout ! Elle s’était mise à courir à toute vitesse, et avait sautée dans le buisson le plus proche… Mais la lumière continuait à faire des cercles dans la nuit noire… Ce phare aérien était-il là pour elle ? La cherchait-elle ? Quoi qu’il en soit, elle ne devait pas rester là… Elle devait tenter sa chance pour échapper à cette terrible lumière. Elle se mit à courir plus vite que jamais vers un buisson proche. Mais à peine fut-elle sortie de son abri de fortune que la lumière céleste se braqua sur elle ! Vite, il faut atteindre ces fourr… Mais, qu’est-ce donc ?! Elle ne pouvait plus avancer ! Il y avait quelque chose devant elle, quelque chose de grand, telle une barrière invisible mais tangible, qui l’empêchait d’avancer ! Elle essaya d’escalader de ses 8 pattes cet obstacle, mais il n’y avait aucune prise sur cette paroi lisse ! Alors elle recula et se heurta à la même paroi. Pareil sur les côtés ! Elle était enfermée, prise au piège ! C’était la fin ! Ils allaient la prendre ! Elle était loin de se douter qu’à des centaines de millimètres au-dessus d’elle, un humain venait de stopper l’araignée dans sa course à l’aide de son écocup, tout excité qu’il était de croiser sa première Hogna radiata !

D’un point de vue un peu moins romanesque, toute cette scène s’est déroulée en quelques minutes à peine. J’étais tranquillement en train de discuter lors de l’apéro des bénévoles de l’Association Des Espèces Parmi’Lyon, association regroupant naturalistes et curieux de Natures et opérant actuellement sur Lyon 1 (si vous êtes lyonnais et que vous vous intéressez à la nature, n’hésitez pas à passer !) quand soudain je vis débouler sur le sol une énoooooorme araignée (quand je dis énorme, c’est par rapport à la taille des espèces d’araignées françaises hein, elle devait faire 20 mm). Il faisait nuit (il était 22h passé) et on était éclairé que par des lampadaires, mais je l’ai reconnu directe. Autant vous dire que j’ai sauté de ma chaise, que je me suis emparé de mon téléphone pour le transformer en lampe-torche et que je me suis mis à ramper par terre pour la retrouver car elle avait filé sous la chaise de mon interlocutrice (qui soit dit en passant était calme, des gens qui ne veulent pas sortir le lance-napalm nucléaire de l’extermination mortelle qui tue dès qu’ils rencontrent une forme de vie non humaine, ça change vraiment du quotidien). Je l’ai assez vite retrouvé et j’ai utilisé mon écocup en guise de pilulier improvisé, avant que le grand patron ne m’apporte un vrai tube et la place dedans. Je l’ai photographié dans ce tube –difficilement car j’étais en basse lumière- et je l’ai ensuite relâché et fais quelques photos dans son milieu naturel (tout aussi difficilement).

Hogna radiata est une Araneomorphae (ce n’est donc pas une mygale) de la famille des Lycosidae, c’est même l’une des plus grande Lycosidae de France (avec sa cousine Lycosa tarantula). C’est une espèce du bassin méditerranéen qui remonte vers le nord de la France et aussi le long de la façon atlantique. Elle vit dans des milieux ensoleillés et chaud, avec peu de végétation dessus. Comme la quasi-totalité des Lycosidae françaises, elle chasse à vue, sans utiliser de toile. Elle se reconnait notamment à son céphalothorax radié (de nombreux traits clairs traverses les 2 bandes médianes sombres de son céphalothorax), la tache cardiaque sombre, les points blancs sur son abdomen d’où partent des chevrons sombres, et la large bande noire qui occupe toute la face ventrale de l’abdomen (au moins chez la sous-espèce major, car il y a aussi la sous-espèce minor, plus petite que la major, qui n’a pas forcément cette face ventrale noire). Cette dernière caractéristique peut permettre de différencier Hogna radiata de Lycosa tarantula quand elles ont des robes proches. Le bloc oculaire est typique de la famille des Lycosidae. C’est une très belle espèce que je ne pensais pas rencontrer comme ça à Lyon dans le premier arrondissement !

 

 

Out of breath. Sore muscles. The heart pounds. She was hidden, motionless, trying to escape them. She never thought she would meet them one day and actually didn’t even think they really existed! Of course, she heard rumors of mysterious flying things, of lights suddenly appearing in the sky… Lights that sometimes landed and that, when leaving, left little more than a trace on the grass, as well as missing people… In fact, some of these alleged abductees surfaced, and while pretending to have been released or to have fled, recounted meeting pale and pink beings… But it was all urban legends! It was only imaginary stories for the sole purpose of being noticed! Well, that’s what she was thinking until a few minutes ago…. Like every night, she was out on the moor. But quite quickly something troubled her… She felt that there were moving things in the air… Huge things… But you know, sometimes imagination gives to night some inexistent forms and feelings… That’s what she thought. When suddenly the sky lits up with an intense and sparkling light while incredible vibrations emanated from everywhere. She started running at full speed, and jumped into the nearest bush… The light continued to make circles in the dark night… Was this aerial lighthouse there for her? Was she looking for her? In any case, she was not to stay there… She had to try her luck to escape this terrible light. She began to run faster than ever to a nearby bush. But as soon as she had come out of her makeshift shelter, the celestial light pointed at her! She had to reach the bus… But, what is this?! She could not move anymore! There was something in front of her, something big and smooth, like an invisible but tangible barrier, which prevented her from moving forward! She tried to climb this obstacle with her 8 legs, but there was no grip on this smooth wall! Then she recoiled and collided with the same wall. Same on the sides! She was trapped, trapped! It was the end! They were gonna take her! She was far from suspecting that hundreds of millimeters above her, a human had just stopped the spider in its course with the help of its ecocup, all excited that it was its first Hogna radiata!

From a less romantic point of view, this whole scene took place in just a few minutes. I was quietly discussing during the aperitif of the volunteers of the href= »https://desespecesparmilyon.fr/ » target= »_blank » rel= »noopener »>Des Espèces Parmi’Lyon, association gathering naturalists and curious of the Nature and currently operating on Lyon 1 (If you are from Lyon and you are interested in nature, do not hesitate to pass!) when suddenly I saw a biiiiiig spider runing on the ground (when I say big, it is compared to the sizes of the French spider species, it was 20 mm long). It was night (it was past 22h) and we were lit only by street lights, but I recognized it directly. Let me tell you that I jumped out of my chair, grabbed my phone to turn it into a flashlight and crawled to the ground to find it because it had run under my interlocutor’s chair (which, by the way, was quiet, people who do not want to take the nuclear lance-napalm of the deadly extermination to kill every non-human life form they encounter, it really changes from the everyday life). I quickly found it and I used my ecocup as an improvised box to stop it, before the big boss brought me a real tube and placed it inside. I photographed it in this tube – it was difficult because I was in low light – and then I released it and took some pictures in its natural environment (just as difficult).

Hogna radiata is an Araneomorphae (it is not therefore a mygalomorph) of the family Lycosidae, it is even one of the largest Lycosidae of France (with its cousin Lycosa tarantula). It is a species of the Mediterranean basin that goes up towards the north of France and also along the Atlantic coast. It notably lives in sunny and warm environments, with little vegetation on it. Like almost all French Lycosidae, she hunts on sight, without using webs. It can be identified in particular by its radiating cephalothorax (many white lines cross the 2 dark median bands of its cephalothorax), the dark heart spot, the white points on its abdomen from which come dark chevrons, and the wide black band that occupies the entire ventral surface of the abdomen (at least for the subspecies major, because there is also the subspecies minor, smaller than major, which does not necessarily have this black ventral face). This last feature can differentiate Hogna radiata from Lycosa tarantula when they have close habitus. The ocular block is typical of the Lycosidae family. It is a very beautiful species that I did not think to meet like this in Lyon in the first arrondissement!

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