Un joyau ! Halyomorpha halys

Un rubis aux multiples facettes, dont le dégradé centripète nous emmène vers un noir abîme où, dit-on, elle nous contemple. De cette sorte de joyau émane une attraction étrange, presque magnétique, un je-ne-sais-quoi de géométrique qui captive, capture le regard. On aurait peut-être même envie de croquer dans ce fruit exotique, cette mûre aux grains si fins, cette grenade ouverte… Mais ne vous y trompez pas ! Cela n’a rien de végétal !

 

Il s’agit en fait d’un œil composé, plus précisément celui de Halyomorpha halis (Pentatomidae), la fameuse punaise diabolique, ou plutôt la punaise diabolisée-par-les-médias. Aux premiers abords (préjugés et méconnaissances aidant fortement), les punaises peuvent paraître repoussantes et laides. Mais regardez de plus près ! Regardez cette œil composé qu’on dirait taillé par les meilleurs joailliers ! Regardez les hémi-élytres, dont la teinte va du blanc au noir, en passant par des roses fuchsias plus ou moins marqués ! Admirez la cuticule finement ponctuée d’un noir anthracite, on dirait un métal ciselé d’une main de maître !

 

Halyomorpha halis ressemble beaucoup à l’une de ses cousines, Rhaphigaster nebulosa, au point que pour le novice il peut s’avérer très difficile de séparer les deux. Commencez par zyeuter les antennes : R. nebulosa a trois segments blancs, situés au début de certains segments des antennes, tandis que H. halis n’a que deux zones blanches, dont l’une est à cheval sur deux segments d’antennes (d’ailleurs compter le nombre de segments par antenne… Il y en a 5, d’où le nom de la famille : Pentatomidae signifie en grec « cinq segment »). Le haut du scutellum (la partie triangulaire au centre de l’insecte) possède plusieurs points blancs chez H. halis, et aucun chez R. nebulosa. Un autre critère est de regarder le connexivum, cette zone qui entoure l’arrière de l’abdomen et qui est constitué d’une alternance de morceau blancs et noirs. Chez H. halis les parties blanches ont plutôt une forme de triangle alors que chez R. nebulosa elles sont plutôt carrés/rectangulaires. Un dernier point qui peut lever tout les doutes mais qui nécessite une vue ventrale est de vérifier la présence d’un grand éperon blanc (dont la pointe est côté tête) sous le ventre de la bête. Si elle y est alors c’est R. nebulosa, sinon c’est H. halis !

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