Des mygalons lyonnais ! Atypus cf. affinis

Des mygalons (bébés mygales) à Lyon !!!!!
Depuis le temps que je cherchais nos mygales nationales !!!
Atypus cf. affinis (Atypidae).

Vous l’aurez sans doute remarqué, mais je publie des photos de l’année dernière. Je pioche dans ma « réserve » en attendant que l’hiver passe et que les arthropodes reviennent. Profitant d’un redoux cependant, je suis allé me balader ce vendredi –appareil photo à la main- près de mon campus lyonnais, pour faire du balisage, repérer des spots intéressants (je suis nouveau à Lyon)… A part les Larinioides que j’avais déjà repérés, je ne m’attendais pas à trouver grand-chose. J’étais même partit avec une carte mémoire presque saturée, c’est pour vous dire que je ne m’attendais vraiment à rien ! Et pourtant… Voilà que je tombe rapidement sur une Araneidae que j’espérais croiser un beau jour (et que je vous présenterais dans le prochain post) ! Et puis, dans un chemin que je prends quatre fois par jour pour aller et revenir de mon école, je tombe sur LE JACKPOT !

Une vingtaine de bébés araignées de 2/3 mm (taille comprenant les chélicères) qui déambulaient sur des fils tendus entre des tiges, près du sol (une pouponnière), errant, faisant des allers-retours sans but apparent. Au départ, je pensais avoir à faire à une pouponnière classique dont il me restait à déterminer l’appartenance, mais en y regardant de plus près, je me suis aperçu que ces jeunes araignées ressemblaient à de jeunes mygales. Ne croyant pas mes yeux, je décide de les photographier, pour les voir en plus gros. Et quelle ne fut pas ma surprise de constater que c’était bel et bien des mygales ! Je les ai photographié sous toutes les coutures –avec le peu de place qu’il me restait sur ma carte mémoire- et je les ai observé un petit moment !

Je vois déjà certains d’entre vous froncer les sourcils et se demander « des mygales, naturellement en France, c’est possible ? ». Rassurez-vous, je n’ai pas pris de substances illicites et je vais vous expliquer. Mais avant, posons-nous la bonne question : qu’est-ce qu’une mygale ?

Une mygale n’est pas une grosse araignée poilue qui vit dans un terrier à clapet quelque part au fin fond de l’Amazonie. Une mygale (Mygalomorphae) est une araignée (Araneae) qui se distingue des non-mygales (Araneomorphae) par la disposition de ses chélicères. Les Mygalomorphae ont la base des chélicères qui pointe vers l’avant et des crochets parallèles, dans l’axe du corps. On les appelle aussi « Orthognathes », venant du grec « Ortho » = « droit » et « gnathos » = machoire. Les Araneomorphae ont quant à elles des chélicères dont la base pointe vers le bas et des crochets qui se croisent. On les appelle aussi « Labidognathes », du grec « labid » = pincer et « gnathos » = mâchoire). Voilà, c’est aussi simple que cela. Les Mygalomorphae ont également d’autres points de dissemblance avec les Araneomorphae : la présence de 4 poumons (contre deux chez les Araneomorphae) par exemple.

En France, nous avons naturellement 3 familles de mygales. Les Ctenizidae (avec le genre Cteniza, 3 espèces) et les Nemesiidae (avec le genre Nemesia, une quinzaine d’espèce françaises) qui sont des mygales trap-doors (qui font un terrier recouvert d’un opercule) sudistes (il y a même des espèces endémiques de Corse).

Et la troisième famille, celle qui nous intéresse, est la famille des Atypidae, avec deux espèces (Atypus affinis, la plus commune, et Atypus piceus) qui se distinguent entre autres par l’étude de la segmentation des filières (détails pas toujours évident à saisir chez les adultes, alors chez les jeunes individus c’est encore plus compliqué -je les ai d’ailleurs photographié en essayant de me concentrer sur les filières- et c’est pour ça qu’on ne peut aller au mieux qu’au cf. ici). Ces mygales sont présentes dans toute la France (oui, même près de Paris) mais sont extrêmement discrètes. On les appelle mygales à chaussettes car elles tissent une toile très particulière. Comme leurs consœurs sudistes, les Atypidae vivent dans des terriers, cependant, leur terrier ne se finit pas par un opercule, mais par une chaussette de soie (imaginer que vous creusiez un trou dans le sol, et que vous mettiez une chaussette dessus, le trou pour passer le pied étant relié au trou dans le sol). Quand une proie passe sur la chaussette, l’araignée remonte de son terrier, et attaque la proie à travers la chaussette de soie –la déchirant au passage- et l’emporte au fond de son terrier. Elle rapiécera sa chaussette plus tard. Et les chaussettes d’Atypidae sont extrêmement bien camouflées, il est difficile de les trouver, même quand on en a une juste en face de nous ! Voilà pourquoi elles sont si discrètes et difficiles à trouver ! Nos Atypus françaises ont pour particularité d’avoir des chélicères vraiment mastoc, énormes, surdéveloppés (certains diront disproportionnés), et cela est déjà visible chez ces mygalons !

 

Une dernière chose concernant les mygales : les tarentules NE SONT PAS des mygales. En fait, le terme Tarentule désigne en français UNE espèce d’araignée Aranéomorphe (donc pas une mygale) de la famille des Lycosidae : il s’agit de Lycosa tarantula (anciennement Lycosa narbonensis). Sauf que les américains, eux, nomment « tarantula » ce que nous autres français nommons mygales (pour être plus précis, « tarantula » désigne principalement les mygalomorphes de la famille des Theraphosidae). D’où la confusion entre le terme anglais et le terme français ! Mais maintenant vous êtes au courant, donc ne faites plus l’erreur !

Maintenant, place aux photos :

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