Focus stacking sur une Zoropsis

Zoropsis sp. (Zoropsidae) juvénile.

Une araignée que ma mère a trouvée sur la porte d’entrée (il faut croire qu’elle voulait une séance photo). Alors comme d’habitude je l’ai récupéré dans un bocal, j’ai rempli d’eau un récipient en plastique, mis une pierre au centre, disposé des lampes autours (toujours difficile, la lumière d’intérieure), déposé l’araignée sur la pierre et j’ai commencé mon shooting photo.

Quelques semaines avant cette rencontre, je me renseignai sur une technique appelée focus stacking, et j’ai décidé de la tester sur ce cobaye. Quand on fait de la macro-photographie, on dispose d’une profondeur de champ (zone où le sujet est net) assez faible (quelques millimètres, voire moins). Si l’on veut augmenter cette profondeur de champ, il faut fermer le diaphragme, ce qui signifie que moins de lumière arrive au capteur, et pour la compenser il faut rajouter des sources lumineuses (sauf si la lumière ambiante est suffisante, ce qui est rarement le cas en intérieur). Et encore, même avec un diaphragme à peine ouvert, on n’a pas une profondeur de champ si grande que cela.

C’est là qu’intervient le focus stacking. On va en fait simuler une très grande profondeur de champ en prenant plusieurs photos. On va prendre une première photo, qui est donc nette sur une très petite zone. Puis on va prendre une autre photo, mais en décalant un tout petit peu la zone de mise au point (soit en avançant l’appareil photo, soit en avançant le sujet). Puis on va en prendre une autre photo, en décalant encore un peu la zone de mise au point, et on recommence, de façon à ce que l’ensemble des zones de mise au point couvre l’intégralité du sujet (où de la grande zone sur laquelle on veut de la netteté). Ensuite, un logiciel va compiler le stack de photos et sortir une image sur laquelle les différentes petites zones nettes auront été fusionnées pour faire une grande zone nette !

Bien sûr, cette technique n’est pas simple à réaliser : déjà, il faut un sujet immobile, sinon, la compilation risque de faire apparaître des aberrations (une autre patte, des dédoublements etc.). Ensuite, toutes les photos doivent être prises avec les mêmes paramètres (notamment même angle de prise de vue et même zoom, ce qui nécessite de bien caler l’appareil photo et de ne pas le déplacer n’importe comment).Bien sûr, on a une marge de manœuvre, mais elle est extrêmement réduite.

J’ai donc testé cette technique, profitant des quelques moments d’immobilité de l’araignée, avec mon appareil photo calé grâce à des livres (système D) pour avoir le même angle de prise de vue, et ça a marché (sur certains stacks, pas sur tous malheureusement), et pour une première fois sur un sujet vivant (j’avoue avoir déjà essayé sur des pierres), ce n’est pas si mal je trouve !

 

Commençons par des photos « classiques » :

 

Maintenant les focus stacking :

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *