La macrophotographie

La macrophotographie

 

 

1°) Les bases de la photographie

2°) La macrophotographie

3°) Mes appareils photos

 

 

1°) Les bases de la photographie

 

Qu’est-ce qu’un appareil photo ? Pour simplifier (grandement), c’est l’association d’un objectif (lentilles), d’un capteur sensible à la lumière, et entre les deux d’un diaphragme qui au repos est totalement fermé, empêchant la lumière de frapper le capteur. Quand vous appuyez sur le déclencheur, le diaphragme s’ouvre pendant un certain temps -que vous définissez, ou pas- puis se referme. Simple, non ?

Il y a quatre catégories d’appareil photos :

  1. Les appareils photos compacts, qui comme leur nom l’indique, sont compacts. Ils tiennent généralement dans une poche, n’ont pas la possibilité de changer d’objectif et ne possèdent pas de mode manuel (c’est l’appareil photo qui détermine -pour le meilleur et pour le pire- quels paramètres utiliser). Ils ont un petit capteur et sont relativement peu onéreux.
  2. Les bridges, sont des appareils beaucoup plus gros que les compacts, ils disposent d’un mode manuel où l’on peut choisir nous-même les options, mais ils se rapprochent des compacts car ils n’ont pas d’objectifs interchangeables et ont un petit capteur. On peut cependant leur ajouter des accessoires (flash supplémentaire, bonnette, micro…). Ils sont chers.
  3. Les reflex ont un système de visée optique particulier, dite « visée reflex » : c’est un miroir penché à 45° qui réfléchit la lumière en provenance de l’objectif pour l’amener au prisme de visée. Le miroir se relève au moment de la photographie. Ils ont à peu près la même taille que les bridges (ou plus gros), ils disposent d’un mode manuel, peuvent changer d’objectif, ont un gros capteur, et on peut leur rajouter des accessoires. Ils sont chers, et les objectifs sont chers aussi.
  4. Les appareils photos hybrides, qui sont soit des « compacts » à objectifs interchangeables soit des « bridges » à gros capteurs et à objectifs interchangeables (dans ce cas, ce sont presque des reflex sauf qu’ils n’ont pas la visée reflex).

 

La photographie repose sur 4 paramètres :

  1. l’ouverture du diaphragme conditionne la quantité de lumière qui va arriver sur le capteur. Il s’exprime grâce au nombre d’ouverture « f/x » ou x est un nombre discrétisé (il ne prend que certaines valeurs comme 1.8 ou 4 mais pas 4.12 par exemple). Plus x est petit, plus le diaphragme est ouvert (un objectif à f/1.8 est lumineux) et plus x est grand, plus le diaphragme est fermé (un objectif à f/11 est sombre). Mais l’ouverture du diaphragme influe aussi sur la profondeur de champ (PdC), c’est à dire la zone de l’image ça sera net. Plus le diaphragme est fermé, plus la profondeur de champ est grande, plus le diaphragme est ouvert, plus la profondeur de champ est faible. A noter que la plupart des appareils photos ont une ouverture glissante : l’ouverture maximale est grande quand le zoom n’est pas déployé (f/1.8 par exemple) et se réduit quand le zoom est totalement déployé (f/5.6 par exemple).
  2. le temps d’exposition (aussi appelé vitesse d’exposition, mais ce n’est pas une vitesse) représente le temps que le diaphragme reste ouvert. Il s’exprime en secondes. Plus le temps d’exposition est court (1/250 s, 1/420 s, 1/1200 s …) plus le sujet sera figé (ce qui s’avère utile pour les sujets en mouvement) et les flous de bougé (liés aux tremblements du photographe) seront réduits, mais en contrepartie il y aura moins de lumière qui arrivera sur le capteur. Plus le temps d’exposition est long (1/60 s, 1/32 s, 1 s, 10 s…) plus il y a de chance que le sujet soit flou (flou cinétique du au mouvement du sujet ou flou de bougé lié aux mouvements du photographe) mais il y aura plus de lumière atteignant le capteur. Le temps d’exposition est aussi discrétisé (il ne peut prendre que certaines valeurs).
  3. La sensibilité ISO du capteur exprime la sensibilité du capteur à la lumière, et s’exprime en ISO. Plus vous montez en ISO, plus votre capteur sera sensible à la lumière. Mais à partir d’un certain seuil, cela va nuire à votre photo. Si vous montez trop haut en ISO, la qualité de votre image chutera car il apparaîtra du bruit, des parasites qui vont donner une apparence granuleuse a votre image. La sensibilité ISO est discrétisée.
  4. La taille du capteur, qui est en fait le seul paramètre sur lequel vous ne pouvez pas agir (à moins de changer d’appareil photo). Un grand capteur provoquera une profondeur de champ plus faible et supportera une sensibilité ISO plus élevée. Un petit capteur aura une plus grande profondeur de champ, mais montera moins haut en ISO avant l’apparition de bruits.

 

2°) La macrophotographie

 

Tous les appareils photos sont équipés d’un capteur (la pellicule dans le cadre d’un appareil photo argentique) faisant au maximum 24 mm (=0.024 m) de haut (format 24×36 mm). C’est au niveau du capteur que se forme l’image. Ainsi, quand vous prenez un arbre de 10m de haut en photo de telle sorte qu’il occupe toute la hauteur de la photo, la photo va « s’inscrire » en hauteur sur les 24 mm du capteur. Ce qui veut dire qu’environ 41 cm de l’arbre va tenir sur 1 mm du capteur. On va créer un nombre que l’on va appeler « grandissement », noté γ, qui vaut γ = taille de l’objet sur le capteur / taille réelle de l’objet. Ici, γ = 0.024/10 ≈ 1/417. Une manière de comprendre ce nombre est la suivante : 1 mm de l’image formé sur le capteur représente 417 mm (=41.7 cm) de l’image réelle. De cette fraction (la valeur numérique ne nous intéresse pas), on va tirer le « rapport« , de la forme x : y ou x est le numérateur (partie supérieure) et y le dénominateur (partie inférieure) de la fraction du grandissement. Donc sur notre exemple, on est au rapport 1:417.

Illustration du rapport et du grandissement

 

Une macrophotographie (ou macro) se définit comme une photo dont le rapport est compris entre 1:1 et 10:10. Ce qui veut dire qu’au minimum, 1 mm du capteur représente 1 mm de l’image réelle (γ =1) et qu’au plus 10 mm du capteur représente 1 mm de l’image réelle (γ =10). Au-dessus (rapport supérieur à 10:1, comme 12:1 par exemple), on parle de photomicrographie, à ne pas confondre avec la microphotographie, qui consiste à photographier de petits objets en couplant un appareil photo à un microscope. En dessous, entre 1:1 et 1:10, on parle de proxiphotographie. En pratique, sauf si on passe par le calcul, il peut être difficile de distinguer une proxiphotographie d’une macrophotographie, c’est pourquoi en général la macrophotographie tend à recouvrir la proxiphotographie (j’emploierai le terme macrophotographie pour mes photos -sauf cas particulier- sans à chaque fois vérifier si je suis au rapport 1:1 ou au-dessus).

De base, les appareils photos ne sont pas prêt pour faire de la macro. Pour les bridges, on peut rajouter des accessoires comme une bonnette macro, qui est une lentille grossissante qui se place devant l’objectif. Pour les reflex, on peut soit acheter des accessoires (comme une bonnette macro ou des bagues-allonges, qui sont des tubes qui se placent entre l’objectif et le boitier), soit acheter des objectifs (coûteux) dédiés à la macro, ou ruser en montant à l’envers un objectif « normal » à l’aide d’une bague d’inversion.

Illustration de la macrophotographie

 

 

3°) Mes appareils photos

 

Mon premier appareil photo (2012-2014) :
Compact Optio RZ-10 (Pentax)

 

Ce fut mon premier appareil photo, et le premier avec lequel j’ai commencé à photographier des arthropodes. Peu cher (moins de 150 euros), il permet de faire quelque bonnes photos (pour de gros sujets) quand on arrive à se coller assez prêt du sujet. Mais on rencontre rapidement ses limites et l’absence de mode manuel est assez déplaisant.

Optio RZ10 (Pentax)

L’Optio RZ10 (Pentax), l’appareil qui m’a initié à la photographie des petites bêtes !

 

 

Mon matériel actuel (2014 – aujourd’hui)
Bridge Lumix FZ 200 (Panasonic) + bonnette macro Raynox DCR-250

 

C’est cet appareil qui m’a permit d’entrer dans le monde de la macrophotographie et de faire des photos correctes, même avec de petits sujets. Il possède un mode manuel, un petit capteur à 12 Mpx, une ouverture maximale constante (donc quelque soit le zoom !) de f/2.8 et, caractéristique très pratique dans le monde de la macrophotographie, un écran orientable ! Il est cher (dans les 500 euros)

L’appareil photo de base ne permet pas vraiment de faire de la macrophotographie, même s’il possède un mode « macro ». C’est pourquoi j’ai acheté une bonnette macro Raynox DCR-250 (grossissant à 8 dioptrie) ainsi que le tube-allonge nécessaire pour monter la bonnette, pour moins de 100 euros. Son utilisation n’est pas évidente quand on commence : il faut se placer à une douzaine de cm du sujet, on a une faible profondeur de champ qui nécessite d’être bien stabilisé, d’où l’utilisation conseillé d’un trépied (dur de photographier à main levé au début). Mais quand on apprend à la maîtriser, elle permet de faire de belles macrophotos (et à main levé, qui plus est) ! La bonnette macro est plus étroite que l’objectif du FZ 200 : il en résulte du vignettage, qui se traduit par un cercle noire à bas zoom (qui disparaît quand on zoom suffisamment).

Pour les sujets craintifs (papillons, libellules), j’ai développé une technique d’approche. D’abord, on enlève la bonnette macro, et on photographie de loin le sujet (pour avoir des photos au cas-où). Puis on se rapproche doucement, tout doucement, en n’hésitant pas à s’arrêter, en faisant quelques photos supplémentaires. Quand on est assez prêt, on remet la bonnette macro et on photographie ! Avec de l’entrainement, on obtient un relatif fort taux de succès !

J’ai cependant remarqué un problème, lié au tube-allonge : parfois, quand le flash est déployé, la moitié basse de la photo est violemment sous-exposé tandis que la partie haute de la photo est violemment sur-exposé. Parfois ça le fait, parfois pas, ça m’a fait m’arracher les cheveux ! Mais j’ai résolu en partie le problème en mettant en place un diffuseur, c’est à dire un filtre translucide blanc que l’on met devant le flash (j’utilise un mouchoir, certains utilisent une balle de ping-pong coupée en deux, d’autres utilisent un morceau de bidon en plastique…) pour homogénéiser la lumière.

Trois articles que j’avais écrit quand j’ai commencé à utiliser la bonnette macro (j’ai un peu plus de recul maintenant) :
Photos de mon nouvel appareil photo
Test de la bonnette macro Raynox DCR-250
Test effectif de la bonnette macro DCR-250

 

Lumix FZ 200 (Panasonic) + Raynox DCR-250, monté et démonté

A gauche, l’appareil photo, la bonnette macro (lentille en bas à droite), et le tube-allonge sur lequel se fixe la bonnette et qui va se fixer sur un rainurage autour de l’objectif. A droite, le tout, monté.