Vie de l’araignée

REPRODUCTION DES ARAIGNÉES ET CYCLES DE VIE

 

 

I°) La parade nuptiale

La saison des amours chez les araignées débute généralement au printemps. L’araignée mâle va alors se mettre en quête d’une femelle. Il va se consacrer corps et âme à cette recherche, ne s’alimentant même plus (il en mourra bien souvent). Mais comment trouver une femelle ?
En fait, c’est la femelle qui attire le mâle, dans la quasi-totalité des cas. Elle va disperser des phéromones, signaux chimiques, sur ses fils de déplacement, sur ses toiles où à proximité de sa cachette.
Une fois que le male à trouvé une femelle, reste un petit ennuis : comment éviter de se faire manger en passant pour une proie ? C’est la qu’entre en jeu la parade nuptiale. Certaines espèce n’en n’ont cependant pas besoin : les mâles de l’espèce Enoplagnatha ovata (famille des Theridiidae) par exemple attendent la mue des femelles. Une fois celle-ci effectuée, elles sont plus faible et se laisse faire.

Remarque : souvent, les araignées mâles diffèrent des femelles, de la taille (le mâle est bien souvent plus petit que la femelle) jusqu’à la forme et à la couleur. Certaines fois, on à du mâle à croire que deux individus de sexe opposé de la même espèce appartiennent bien à la même espèce. On appelle cela le dimorphisme sexuel.

1°) Parade nuptiale des araignées-crabes (Thomisidae)
Voici une parade bien particulière. Le mâle va tourner autour de sa belle. Tourner, tout en se rapprochant à chaque tour… La femelle observe cette ronde avec attention. Mais lorsque le mâle vient s’accoupler avec la femelle, celle-ci réalise le stratagème du mâle : à chaque tour il lui a entouré ses pattes avec de la soie. Le temps que la femelle se dégage, le mâle aura fait son affaire et pris la poudre d’escampette.

2°) Parade nuptiale des araignées sauteuses (Salticidae)
Les Salticidae ont une parade nuptiale visuelle. L’araignée va, tout en réduisant la distance entre lui et sa promise, enchaîner les jetés de ses pattes et les tours sur lui même. Les parades nuptiales des Salticidae sont les plus belles des araignées.

3°) Parade nuptiale de la Pisaure admirable (Pisaura mirabilis)
Ah les filles, toutes pareilles : attirées par tout ce qui brille, où plutôt ici par tout ce qui est comestible… Le mâle Pisaure va offrir un cadeau à sa belle : une proie soigneusement emballée dans de la soie (ah ce mâle ! tellement attentionné envers moi ! dommage qu’il soit le désert…).
Il va présenter à bout de patte ce cadeau à sa dame, le faisant mouvoir d’une façon à aiguiser son appétit. La femelle, obnubilée par le cadeau, va alors essayer de défaire le paquet. Le mâle reste inerte pendant ce temps, accroché au cadeau. Dès qu’elle commence à festoyer, le mâle va tenter de s’accoupler. La plupart du temps, ça marche, la femelle ne s’apercevant de rien (si si !!!!!). Cependant, il peut arriver que ça rate et alors le mâle ne sert plus de désert mais de… plat principal…
Mais tout les mâles ne sont pas comme ça… Certains sont paresseux. Ils vont offrir à la femelle un cocon de soie… vide ! Et le temps que la femelle découvre la supercherie, le mâle, lui, est déjà loin. Ce n’est pas sans rappeler le « cadeau de la mouche verte »

4°) Parade nuptiale des Mygales (Mygalomorphae) et des Lycoses (Lycosidae)
Comme quoi les Africains n’ont pas inventé la tam-tam. En effet, ces araignées vont tambouriner sur le sol avec leurs pédipalpes ! Parfois tellement fort que le bruit est audible par un homme à quelque mètre de là.

6°) Parade des « araignées à toiles »
Pour les araignées utilisant une toile, orbitèle ou non, le mâle va faire vibrer régulièrement la toile (je ne suis pas une proie, je suis un mâle, ne me mange pas !), pour indiquer à la femelle qu’il n’est pas une proie à dévorer. Mais ça ne marche pas à tout les coups…. Mais lorsque la femelle se laisse approcher, il pourra s’accoupler avec sa dame.

 

 

II°) L’accouplement

Après avoir conquis la femelle, l’araignée doit s’accoupler. Et je dirais presque que c’est la partie la plus difficile ! Le mâle va, avant de chercher une femelle, déposer ses spermatozoïdes sur une toile, appelée toile spermatique. Il va ensuite « récolter » sa semence sur ses bulbes copulatoires, renflements situés sur les pédipalpes. Et les bulbes copulatoires ne peuvent s’insérer qu’au sein de la fente génitale d’une femelle de sa propre espèce. Ce qui peut aider à l’identification d’une espèce. A noter qu’une femelle peut s’accoupler avec plusieurs mâles.
L’une des choses que tout le monde sait mais qui est en partie fausse, c’est ce qui arrive au mâle après s’être accouplé. Beaucoup d’entre vous diront qu’il se fait dévorer, mais ce n’est pas toujours le cas. La femelle a effectivement faim après s’être accouplé, et se jette sur toute souce de nourriture à portée. Mais souvent le mâle sera déjà bien loin…

Malgré toutes ces difficultés, l’espèce se perpétue très bien. Les femelles ont la surprenante capacité de pouvoir retarder où avancer la ponte de leur oeufs, pour pouvoir pondre le moment opportun.

 

 

III°) Cycles de vie

Les araignées sont ovipares : elles pondent des œufs. Ces œufs seront protégés par un cocon, fait de soie. Une araignée peut pondre plusieurs fois, et donc, elle fera plusieurs cocons. Au sein de ceux-ci, les œufs sont en nombre très variables : de quelques un à plusieurs dizaines ! Plus une araignée pond, moins ses œufs seront fécondés : le nombre de spermatozoïdes n’est pas illimité. Mais, ces oeufs « pour rien » ont une utilité : ils nourriront les bébés araignées.

Araniella sp. - cocon

Cocon d’Araniella caché dans une feuille, avec la mère veillant dessus

Parasteatoda tepidariorum - cocon

Mme Parasteatoda tepidariorum veillant sur ses cocons

La femelle, après avoir pondue, ne s’occupe pas de la même façon de sa progéniture selon son espèce. Certaines araignées, telle la Pisaure admirable va confectionner un cocon pour ses œufs qu’elle va transporter en permanence à l’aide de ses chélicères et de ses pédipalpes. Cependant, juste avant l’éclosion, elle va le déposer sur la végétation, et elle va tisser par dessus une toile protectrice. Elle veillera sur ces bébés sans même s’alimenter !
C’est aussi le cas pour les Lycosidae, les araignées loups : elles transporteront leur cocon accroché à leur abdomen, et, pour certaines d’entre elles, après la naissance, vont porter leurs bébés sur leur dos !

Pardosa sp. et bébés sur son dos

Une araignée-loup parcourant le monde ses bébés sur le dos !

D’autres en revanches, vont cacher leur cocon, les dissimulés et vont partir, sans même veiller sur leur progéniture.
D’autres encore, vont, à la naissance de leurs bébés, se sacrifier : en effet, pour que leur petits prennent des forces, les mères vont se laisser manger par leurs bébés.

Araneus sp. bébé venant de sortir du cocon

Formation compacte de bébés Araneus

Araneus sp. bébé venant de sortir du cocon, en dispersion

En cas de problème, dispersion !

Certains bébés araignées vont, pour se disperser, utiliser la technique du ballooning. Il va se poster sur un point élevé, par exemple, au sommet d’une herbe, et va se mettre à produire un long fil de soie (longueur supérieur à 1 m !) jusqu’à ce que le vent fasse s’envoler l’araignée. Ces fils sont aussi appelés « fils de la Vierge ».

Comme touts les arthropodes, les araignées vont muer. Leur exosquelette ne grandit pas avec le temps, alors qu’elle même grandissent… Les araignées sont amétaboles : les bébés araignées ont la même apparence que les adultes, et aux cours des mues, elles garderont cette apparence.
La mue est toujours un événement délicat. Déjà, l’araignée peut y perdre une patte (qui repoussera d’ailleurs à la prochaine mue !). De plus, elle est vulnérable et faible. La « peau » ainsi abandonnée par l’araignée se nomme une exuvie. Une fois la maturité sexuelle atteinte, les Aranéomorphes ne muent plus. Par contre, les Mygalomorphes muent jusqu’à leur mort.

Les araignées qui vivent moins d’un an et qui meurent avant l’éclosion des œufs sont qualifiées de saisonnières, celles qui vivent un an ou deux et qui meurent après l’éclosion des œufs sont qualifiées d’annuelles et celles qui vivent plusieurs années de pérennes.