Venin, nourriture et araignées

VENIN, NOURRITURE ET ARAIGNÉES

 

I°) Le venin

A de rares exceptions près, toutes les araignées possèdent du venin et en utilisent. Ce venin est fabriqué dans les glandes à venins, situées dans la première partie des chélicères (elles peuvent néanmoins s’étendre dans le céphalothorax). Il sert notamment à la capture des proies ou à se défendre.
Le venin est injecté grâce aux chélicères ; en effet, le venin passe des glandes à la victime via un canal passant dans les chélicères.

Peu d’espèces ont un venin susceptible d’être dangereux pour l’homme. La plupart des araignées ont des chélicères trop petits ou trop faibles pour percer la peau humaine. De plus, les araignées sont peureuses et chercheront en priorité à fuir. Elles ne mordent qu’en ultime recours. Cependant, lorsqu’elles mordent, pour se défendre, c’est souvent « à sec », c’est à dire sans injection de venin.

L’araignée possède un venin neurotoxique : il agit sur le système nerveux. Certains venins agissent sur les synapses (connections entre les neurones) et bloquent le passage des neurotransmetteurs. D’autres agissent de la même façon mais au niveau des connections nerfs/muscles. Ces venins entrainent une paralysie. Le venin peut aussi être nécrosant : il détruit les cellules.
De plus, les araignées peuvent en même temps injecter des sucs digestifs. Ce qui est sûr, c’est qu’après avoir neutralisée sa proie, l’araignée va régurgiter des sucs digestifs, afin de pouvoir se nourrir !

En France, une seule araignée est dangereuse (une autre aussi mais elle ne vient pas de chez nous), et les autres sont considérées comme inoffensives, même si certaines d’entre-elles ont la capacité de transpercer la peau humaine et de faire mal (voir plus, mais seulement en cas d’allergie). Quoi qu’il en soit, se faire mordre par une araignée est extrêmement rare (non seulement les probabilités de se faire mordre par une araignée sont rares, mais en plus, si elles injectent du venin, ce n’est qu’en très faible quantité) et si on a pas soi-même l’araignée mordre, on ne peut l’accuser.
Voici une liste (non exhaustive) des araignées pouvant faire mal :

  • Latrodectus tredecimguttatus : la Malmignatte, ou Veuve-noire européenne, la seule en France pouvant présenter un danger pour la santé
  • Segestria spp., mais principalement S. florentina : les Ségestries ont une morsure légérement nécrosante
  • Araneidae : les Araneidae de grandes tailles
  • Hogna radiata et Lycosa narbonensis
  • Cheiracanthium spp.
  • Loxosceles reclusa (espèce américaine mais quelques cas de morsure recensés en France, dans le sud)

/!\ Cependant, les araignées ne sont pas des jouets : il ne faut pas les manipuler n’importe comment, et mieux vaut ne pas les manipuler du tout quand on ne sait ni ce à quoi on a à faire, ni comment les manipuler.

 

II°) Les araignées et la nourriture

Quasiment toutes les araignées sont carnivores. Elles mangent des insectes, certaines des crustacés (cloporte) ou encore d’autres araignées. Elles ont une préférence pour les proies vivantes, mais si besoin est peuvent manger des proies mortes.
Cependant, une araignée sauteuse est végétarienne. Elle se nourrit du nectar sucré produit par une Acacia (arbre qui à la particularité d’être une fourmilière géante, qui offre en plus du logis et contre la protection des fourmis, le nectar sucré nécessaire à la survie des ses hôtes)

Sur la hanche (premier segment) des pédipalpes sont présentes les « lames maxilliaires », excroissances tranchantes entourant la bouche, qui permettent à l’araignée de déchiqueter et broyer sa proie (c’est de là d’où vient le surnom « pattes-machoires » donné aux pédipalpes). En dessous de la bouche, il y a le labium, une « lèvre ».
Beaucoup d’araignées aspergent leurs proies de sucs digestifs tout en la broyant. D’autres injectent directement leurs sucs digestifs à l’intérieur de la proie. Mais, de toute façon, elle sera digérée « sur place », pas dans l’appareil digestif de l’araignée : c’est une digestion externe.
L’araignée va aspirer le liquide obtenue (la bouillie de proie…) grâce à des muscles entourant son tube digestifs.