Toiles d’araignées

LES TOILES D’ARAIGNEES

 

Les toiles d’araignées sont certainement les « traces » les plus visibles de ces arachnides. Les plus connues sont les belles toiles géométriques, dite « orbitèles » mais il en existe bien d’autres. Vous les avez sûrement déjà remarqué en vous trimballant dans une cave ou un grenier : des toiles horizontales en nappes, des enchevêtrements de fils… Celles-ci, plus nombreuses que les toiles orbitèles sont appelées « toiles irrégulières ».
Elle sont faites en soie et servent à chasser.

 

I°) La soie d’araignée

La soie de l’araignée est la matière première de ces constructions, et certainement l’un des symboles fort de ces bestioles à huit pattes. Toutes les araignées produisent de la soie, mais une partie ne tissent pas de toiles : les araignées errantes.
La soie est produite dans les glandes séricigènes, à l’intérieur de l’abdomen. Elle est d’abord sous forme liquide. La soie est émise par les filières, à l’extrémité de l’abdomen. Là, au contact de l’air, la soie se solidifie. Chaque fil est constitué en fait de plusieurs fibrilles, de quelques micromètres de diamètres. Le tout mesure entre 35 et 70 micromètres. A diamètre équivalent, ces fils sont plus durs que l’acier et environ 7 fois plus élastique que le latex. La soie peut être enduite de minuscules goutellettes collantes. Dans ce cas, on a l’impression que c’est le fil qui colle.

Les araignées produisent plusieurs types de soie qui servent à différentes choses :
-fabrication de toiles
-emmaillotage des proies
-fabrication de cocon pour les oeufs
-fils de sécurité
-fils de déplacement
-fils avertisseur
-fabrication d’armes pour chasser
-moyens de dispersion des jeunes araignées
-tapissage du terrier pour les espèces en utilisant
-tissage de toiles de mues
-confection de toiles spermatiques

 

II°) Les toiles orbitèles

Les toiles orbitèles sont toutes constituées par les mêmes éléments, à savoir :
-un cadre porteur qui délimite la toile
-des rayons allant du cadre au centre de celle ci
-un moyeu, zone centrale de la toile ou l’araignée (pour un certain nombre d’orbitèles) attend une proie
-une zone libre
-une spirale gluante
-une spirale non gluante ou des fils non gluants
-Et pour les espèces qui ne restent pas sur la toile, un fil avertisseur qui prévient l’araignée qu’il y a une proie en train de se débattre sur la toile

Toile orbitèle (Metellina)

Toile orbitèle de Metellina

Les moyeux varies selon les araignées :
-moyeu plein = Araneidae et Nephilidae
-moyeu vide = Tetragnathidae
Il peut aussi y avoir des éléments remarquable (dans le sens premier du terme) :
-stabilimentum : bande de soies blanche épaisse (ex : Argiope bruennichi)
-restes de repas, déchets en tout genre (ex : Cyclosa spp. )

Moyeu plein

Moyeu plein (Zygiella x-notata)

Moyeu ouvert

Moyeu ouvert (Tetragnatha sp.)

Argiope-bruennichi

Stabilimenta d’Argiope bruennichi

Les araignées qui tissent des toiles orbitèles sont également désigner sous le nom d’araignées orbitèles, ou tout simplement d’orbitèles. De plus, les toiles des orbitèles ne sont pas réparées : tous les jours l’araignée détruit sa toile en la mangeant (elle recycle les matériaux) et la refait systématiquement, changeant d’endroit si besoin est.
Certaines araignées restent sur leur toile, la tête en bas, et d’autres n’y restent pas, se cachant dans une « retraite ». La retraite est reliée à la toile par un ou plusieurs fils avertisseur. La nuit, elles sortent se positionner sur le moyeu de leur toile, commençant leur chasse nocturne.

Les proies se collent aux fils de la toile mais pas l’araignée ! Comment ? Il y a deux explications. Déjà, l’araignée, si elle attend sur sa toile, est au milieu, dans une zone non collante appelé moyeu. Autour, quelques fils non collants. Ensuite, les rayons de la toile ne collent pas.
De plus, l’extrémité des pattes sécrète une sorte d’huile qui permet à l’araignée de ne pas coller à sa toile. Vous pouvez en fait l’expérience : recouvrez votre doigt d’huile et il ne collera pas à la toile !

Diverses expériences ont été faites avec les araignées. Par exemples, ont les à exposés à divers produits (caféine, marijuana…) et les araignées se sont révéles incapable de tisser correctement leurs toiles. On a également exploré leur génome pour trouver le gène codant pour la secrétion de la soie. Comme on ne peut pas élever des « araignées à soie », on essaye d’implanter ce gène dans le code génétique d’autres animaux (transgénèse) pour qu’eux produisent la soie.

 

III°) Les toiles irrégulières

Les araignées tissant des toiles irrégulières sont plus nombreuses que les orbitèles. Il est très difficile d’attribuer une construction à une espèce, car des constructions similaires peuvent exister dans différentes familles…
Les fils de ces toiles ne sont pas collant, et ce sont les entrelacs de fils qui vont bloquer, déstabiliser ou faire chuter la proie, le temps que l’araignée vienne la chercher…
Il existe 5 types principaux de toiles irrégulières :

Les « chaussettes »
Ces pièges sont typiques des mygales genre Atypus. Le piège est constitué de deux parties : une partie aérienne, la chaussette, et une partie souterraine, le « terrier ». La chaussette est un tube de soie fermé, posé et camouflé sur le sol, qui débouche uniquement sur le terrier. Lorsqu’une proie vient sur la chaussette, l’araignée sort du terrier, va dans la chaussette et mord la proie à travers la soie. Ensuite, l’araignée l’emmène au fond du terrier pour la manger. Puis elle répare la chaussette.

Les « tubes à collerettes »
Ces types de toiles sont constitués d’un tube, toujours souterrain (le tube peut être aussi dans une fissure, sous une pierre…) d’où dépasse une sorte de collerette qui entoure la sortie du tube. Ces fils de soie servent de fils indicateurs, ils ne sont pas collants. Lorsqu’une proie vient dessus, elle fait vibrer les fils, ce qui avertie l’araignée qui, en un éclair, sort et happe la proie. Les tubes à collerettes sont typiques des Segestriidae. Chez les Amaurobiidae, la collerette qui entoure le tube-retraite est constituée de fils diffus.

Tube à collerette (Segestria)

Toile de Segestria sp.

Les « Toiles en nappes »
Ces toiles sont constituées d’un support horizontal qui peut être relié à une retraite (un tube). Le support horizontal devient de plus en plus épais aux fils du temps. Ils peuvent être posés sur la végétation, ou être attachés en hauteur dans les coins des maisons. Le support horizontal est surmonté (pas sytématiquement) de fils verticaux qui peuvent servir à faire chuter la proie sur la toile. L’araignée peut attendre dans son repère, mais aussi être sur la toile. Ces toiles sont typiques des Agelenidae.

Les toiles de fils diffus
Ces types de toiles ne sont qu’un assemblage de fils, disposés presque au hasard. Souvent, l’araignée s’y tient, tête en bas, accrochée à des fils invisibles. Ces toiles sont élaborées par les Theridiidae et certaines Linyphiidae

Les toiles en dômes
Ces toiles là ont une forme de dôme. Il existe des fils de soutien, et des fils d’interception, au dessus de la toile, servant à faire chuter la proie sur le dôme. L’araignée se tient renversé, sous le dôme. Ces toiles sont élaborées par des Linyphiidae

Toile de Linyphia révélée par la rosée

Observez les structures aériennes de cette toile de Linyphia

Araignée cribellate
Certaines araignées (Amaurobiidae, Dictynidae…) possèdent une filière spéciale qui se présente comme une plaque percée de milliers de trous, appelée cribellum, et des rangées de poils sur les métatarses de la paire de pattes IV appelées calamistrum, qui permet de manipuler la soie produite, qui est plus dense et plus solide que celles des écribellates (les araignées ne possédant pas de cribellum et de calamistrum). On dit que la soie est calamistrée, et on nomme les araignées qui la produisent « araignées cribellates ». Les toiles produites ont un aspect cotonneux et un léger reflet bleu. Elles ne sont pas collantes, mais leur texture les rapproche du velcro.