Morphologie de l’araignée

MORPHOLOGIE DE L’ARAIGNÉE

 

Une araignée n’est pas un insecte ! Les différences majeurs sont, en commençant par les plus évidentes, le nombre de pattes (six chez les insectes, huit chez les araignées), la division du corps en deux parties (3 chez les insectes), l’absence d’antennes et d’ailes, ainsi que des yeux simples (8 ou 6, voire 0 pour certaines espèces cavernicoles).
Les araignées, comme tous les arthropodes, ont un squelette externe (=exosquelette), fait de chitine et de sclérotine.
Certaines ont développées un système de camouflage (=mimétisme) qui les rendent presque invisible dans leurs habitats. Certaines autres araignées (de la famille des Thomisidae, ou araignée-crabe) peuvent changer de couleur, comme un caméléon !

 

I°) Morphologie externe d’une araignée -face ventrale-

 

A°) Le prosoma

Le prosoma, plus couramment appelé céphalothorax, comme son nom l’indique, est la réunion de la tête et du thorax. Il est constitué de plaques dures en forme d’arc de cercle : les sclérites Dorsalement, elle sont appelées « tergite », ventralement « sternite ». Le céphalothorax porte également la bouche.

  1. Pédipalpe (nom masculin) : les pédipalpes sont des appendices constitués des mêmes partis qu’une patte et qui ont un rôle sensoriel. Chez les mâles, ils sont modifiés, ils possèdent un renflement, appelé bulbe copulatoire (ou populairement « gant de boxe »), et servant à la reproduction. Ce sont en fait des réservoirs à spermatozoïdes. Ils sont différents d’une espèce à l’autre.
  2. Chélicère (se prononce « kélicère », nom masculin) : les chélicères, aux nombres de deux, sont les crochets à venin des araignées, servant à mordre et à inoculer le venin. On peut les trouver appelé « crocs » ou « crochets ». Ils sont constitués de deux parties : une « base » et une  « tige » (le crochet proprement dit).
  3. Yeux simples : ce sont les organes visuels des araignées. Ils sont simples et, chez beaucoup d’araignées, peu développés. Ils sont souvent au nombre de huit ou de six, certaines espèces n’en n’ont pas.
  • Fovea : également appelée fossette médiane, la fovea est une dépression située plus ou moins au centre du prosoma

B°) L’opisthosoma

L’opisthosoma, plus connu sous le nom d’abdomen, est la deuxième partie de l’araignée. Il n’est pas segmenté, mais est recouvert d’une membrane souple et élastique pouvant s’adapter à la taille de l’araignée (lors des repas par exemple…). Il est souvent recouvert de « dessins », ce qui peut permettre d’identifier certaines espèces. Également, certaines araignées portent sur leur abdomen une plaque dure appelée « scutum »

4.Filière : appendice d’où sort la soie, souvent aux nombres de six. La soie sort des fusulles, à l’extrémité des filières. Certaines espèces sont équipées de filières spéciales, appelées « cribellum », qui permet de produire de la soie spécial. Elles sont situés sous l’abdomen

  • Tache cardiaque : vers l’avant de l’abdomen, on trouve une zone plus claire (ou plus sombre), certaines fois mise en évidence par des « décorations » : c’est la tache cardiaque, juste au dessus du coeur.
  • Sigille : sur le dos de l’araignée, point renfoncé, point d’intersection de muscles.

C°) Les pattes

Les pattes sont les appareils de locomotion des araignées. Elles sont au nombre de huit (réparties en quatre paires) et sont composées de 7 parties articulées (voir liste en dessous). Elles sont accrochées au céphalothorax. Les paires de pattes sont numérotées de I à IV en partant de l’avant de l’araignée.
Comme vous l’avez peut-être déjà vu, les pattes des araignées sont poilues. Et bien, ces poils ont un rôle de capteurs sensoriels. De minuscules poils à l’extrémité des pattes permettent aux araignées de marcher au plafond : ce sont les scopula

Composition des pattes, en partant du céphalothorax :

5. hanche
6. trochanter
7. fémur
8. patelle
9. tibia
10. métatarse : sur les métatarses des paires IV, certaines espèces peuvent porter des poils particuliers, appelés
« calamistrum » servant à manipuler la soie émise par des filières spéciales (voir ici)
11. tarse : peut porter des griffes, et/ou, sur certaines espèces, des scopula, poils permettant à l’araignée d’adhérer aux surfaces lisses

 

II°) Morphologie externe d’une araignée -face dorsale-

Vu d’en dessous, on remarque que le prosoma et l’opisthosoma sont reliés par un conduit étroit, appelé « pédicelle », ou « pédicule ».

Morphologie de l'araignée 2

  1. Filière : appendice d’où sort la soie souvent aux nombres de six. La soie sort des fusulles, à l’extrémité des filières. Certaines espèces sont équipées de filières spéciales, appelées « cribellum », qui permet de produire de la soie spécial.
  2. Tubercule anal
  3. Epigyne (nom masculon) : organe sexuel féminin. L’épigyne est complexe, adapté aux bulbes copulateurs des mâles dont nous avons parlé plus haut. Chaque espèce a un épigyne adapté aux bulbes copulatoires des mâles de la même espèce. C’est un peu comme une clé et sa serrure. Chez certaines espèces, une « tige » sort de l’épigyne : le scape. Pour plus d’informations, voir ici
  4. Stigmate pulmonaire (nom masculin) : ouverture donnant sur les poumons et permettant à l’araignée de respirer. En effet, les araignées possèdent des stigmates ouvrant sur un système trachéen et des poumons en feuillets.

A°) Les poils

Comme vous l’avez sans doutes remarqué, les araignées sont couvertes de poils. Il y a trois types de poils :
-les chimiorécepteurs, qui donne à l’araignée des informations de nature chimiques, (qui servent de détecteur de phéromones par exemple).
-les mécanorécepteurs, qui donne à l’araignée des informations de natures mécaniques : détection de vibrations sur la toile (appelés « épines », ces mécanorécepteurs sont aisément visible), détection de vibrations dans l’air, pour détecter les proies volantes (appelés « trichobothries »), ou tout simplement indication des obstacles physiques.
-les scopula (ou scopules), touffe de poils situées sur les tarses, permettant notamment à l’araignée de pouvoir marcher sur des surfaces lisses.

B°) Mygale ou araignée ?

Les araignées qui sont certainement les plus connus sont les Mygales. Mais qu’est ce qui différencie les Mygales (= Mygalomorphae) des « non mygales » (= Araneomorphae) ? En fait, ce sont les chélicères : ceux des Mygalomorphes sont très développés et parallèles (ils sont dits orthognathes) alors que ceux des Aranéomorphe sont dirigés vers le bas et se croisent (ils sont dits labidognathes).

 

III°) Anatomie d’une araignée

 

  • Jabot aspirateur : partie du tube digestif qui aspire la nourriture (les araignées ont une digestion externe, c’est à dire qu’elles liquéfient leurs proies et « boient » ainsi leurs victimes)
  • Aorte : principale vaisseau sanguin
  • coeur : coeur simple et long
  • intestin : lieu où est assimilée la nourriture
  • glande digestive : glande participant à la digestion de la nourriture
  • glande à venin : glande où sont produits le venin de l’araignée
  • oviducte : canal menant les spermatozoïdes au ovaires lors de la reproduction
  • glande séricigène : glande où est produite la soie d’araignée. Il en existe plusieurs sortes, nommées selon leurs formes.