Les araignées errantes

LES AUTRES TECHNIQUES DE CHASSE

 

Les toiles d’araignées sont certainement les pièges les plus connus de ces arthropodes. Pourtant, il y a d’autres araignées qui ont conçu des pièges qui ne cessent d’étonner, et d’autres encore qui n’utilisent pas de toile pour chasser. Ces araignées qui chassent sont appelées « araignées errantes », ou simplement « araignée chasseuse ».

 

1°) Les fauves miniatures
Cette technique de chasse « à cours » est utilisée par les Salticidae, ou araignées-sauteuses, et par les Lycosidae, ou Araignées-loups.
La chasse des Salticidae est vraiment intéressante et impressionnante. En effet, la salticide saute (comme son nom l’indique) sur ses proies. Deux de ces huit yeux possèdent une très grande acuité visuelle et elle a de puissantes pattes. Lorsqu’elle la repérée une proie, elle se place à environ un centimètre, et lui saute dessus. Elle la mord et ensuite la mange. Quand elle saute, elle a toujours un fil de sécurité pour le cas où elle se raterait et tomberait. Une Salticidae cependant, la Bagheera kiplingi est la seul araignée végétarienne connue, se nourrissant du nectar de l’accacia (voir plus bas).
Les Lycosidae, elles, chassent à vue, traquant leurs proies au sol (voir même sur l’eau), ou au contraire en étant embusquée, attendant gentiment la venue de la proie.

2°) Le crachat de la mort
Cette technique n’est utilisée que par les « araignées cracheuse », ou Scytodidae, plus précisément par Scytodes thoracica sous nos latitudes. Ce sont les seuls araignées à pratiquer la chasse à distance.
En effet, l’araignée, dès qu’elle a repérée sa proie, se place « près d’elle ». Ensuite, de puissants muscles entourant ses glandes à venin, modifiées, projettent sur la proie un mélange de toxine et de soie, l’immobilisant et l’empoisonnant. L’araignée-cracheuse vient ensuite l’achever.

3°) La technique du lasso.
Voici une technique absolument remarquable. Vous avez très certainement déjà vu des cow-boys lancer un lasso et attraper une vache ou un taureau, et bien voici l’équivalent arachnéen.
L’araignée bolas, Mastophora cornigera, qui vit en Amérique, se pose sur une feuille, et tisse quelques fils sommaires pour se suspendre. Ensuite, elle sécrète des gouttelettes visqueuses, accrochées à un fil. La substance visqueuse dégage des phéromones qui attirent des proies. L’araignée à une faible acuité visuelle, aussi, elle détecte les vibrations de sa future victime. En un rien de temps, elle se met à faire tournoyer son lasso, son « bola » et happe la proie. Ensuite, elle l’emmaillote avec une soie spéciale qui permet de conserver la nourriture fraîche. Un sachet fraîcheur avant l’heure.

4°) Question de camouflage
Les araignées, elles aussi se camouflent. C’est le cas des Thomisidae, ou araignées-crabes, qui ont également la surprenante capacité à pouvoir marcher sur les côtés…
L’araignée-crabe chasse habituellement dans les fleurs, mais il arrive bien souvent d’en voir sur le sol des maisons, ou sur un mur… Certaines d’entre-elles possèdent même le « don » de mimétisme, c’est à dire qu’elles peuvent changer de couleur afin d’épouser la couleur de l’environnement où elle se trouve. Elle se camoufle dans les fleurs, par exemple, et attend, attend qu’une proie vienne se poser a proximité. Ensuite, embusquée, elle enroule discrètement ses pattes autours de sa proie et là, en un éclair, la mord directement à la tête. Certaines fois, elle est tellement bien dissimulée que la proie se pose sur elle sans la remarquer !

5°) Filet de gladiateur
Voici une bien curieuse technique de chasse, empruntée aux gladiateurs romains, aux rétiaires -pour être précis- : la chasse au filet.
L’araignée gladiateur ( = araignée à face d’ogre), ou Deinopis a une technique de chasse très original : au mieux d’attendre qu’une proie viennent s’empêtrer sur sa toile, c’est sa toile qui vient à la rencontre de la proie. La Deinopis se suspend grâce à des fils à une branche, par exemple, près du sol. Ensuite, elle tisse son piège, un filet rectangulaire qu’elle tient par quatre pattes. Elle attend, immobile, qu’une proie vienne près d’elle. A son approche, l’araignée tend son corps comme un ressort et en une fraction de seconde projette la toile sur la malheureuse victime. Elle emmaillote ensuite son repas.

6°) La chasse aquatique
Nous allons voir ici le cas de deux araignées qui utilisent à peu près les mêmes techniques de chasse, qui ont une particularité en commun : l’eau
Argyroneta aquatica, ou argyronète est une araignée qui passe la plus grande partie de son temps sous l’eau. Comment ? En fait, c’est sa toile qui lui permet de vivre. Une fois qu’elle à trouvé un plan d’eau, avec des plantes au fond, elle va crée une toile, et va amener des bulles d’air (grâce à des poils sur ses pattes) dans la toile pour former une cloche. Elle chasse ensuite sous l’eau, nageant rapidement entre les plantes aquatiques. Une fois la proie capturée, elle est ramenée dans la cloche.
Les Dolomedes ou dolomèdes, forment un genre d’araignée. Elle chasse aussi bien sur (ou sous) l’eau que sur terre. Mais nous allons nous intéresser à la chasse marine. La dolomède s’arrime solidement à la rive grâce à ses deux dernières pattes. Le reste de ses pattes, elle les place à la surface de l’eau, pour détecter la moindre vibration. La proie peut être aussi bien un insecte qu’un petit poisson. Dès que la proie est à distance suffisante, l’araignée la paralyse avec son venin. Si la proie est un poisson, alors l’araignée plonge sous l’eau pour le capturer.