Grande ballade en pays bourguignon

Le paysage bourguignon est vraiment magnifique, avec ses vignes à perte de vue, ses petits villages épars, ses collines plus ou moins imposantes, ses forêts… J’ai décidé de repartir à Culles-les-Roches le 31 juillet, mais cette fois-ci en « exploration totale ». J’ai fait une quinzaine de kilomètres à pied en partant du village, à travers les vignes et les champs, ce qui m’a permis d’observer et de photographier un certain nombre d’espèces (j’ai même entrevue un lézard vert énorme, d’une trentaine de cm -peut-être le Lézard vert occidentale Lacerta bilineata– que je n’ai pas pu photographier malheureusement) !

 

La première chose que j’ai vu, à l’ancienne gare, fut ce nid de guêpe (Vespula sp.), construit dans un trou dans le sol. Étrangement, elles n’ont pas détecté ma présence, ou alors il faisait bien trop chaud pour qu’elles sortent ! J’ai pu m’approcher à un mètre du nid, sans aucun soucis, et le photographier. Les guêpes ont une assez mauvaise réputation, pourtant, si on les laisse tranquille et qu’on ne s’approche pas de leur nid, elles nous attaquent pas ! Je me suis déjà approché de quelques nids de guêpe (dont celui-là qui fut le plus calme), j’ai photographié avec la bonnette des guêpes, une guêpe s’est même posée sur mon doigt une fois et je n’ai jamais eu de soucis. Bien sûr, je n’ai jamais tenté de les écraser ni me suis agité frénétiquement devant elles, je n’ai pas tenté de détruire leur nids, je ne les ai pas embêté et par conséquent elles ne m’ont pas attaqué (ce qui est tout à fait normal car elles n’attaquent pas « par plaisir » mais beaucoup de gens l’ignorent ou refusent de le savoir par méconnaissance…). Un très bon article à lire sur la cohabitation humain/guêpe.

 

L’une des choses qui a motivé cette petite expédition, ce sont les Épeires fasciées (Argiope bruennichi). En effet, près de l’ancienne gare se trouve un petit étang, et dans les roseaux qui pullulent autour de cet étang se trouve une colonie d’Épeires fasciées (que j’ai plaisir à retrouver chaque année quand je vais à Culles-les-Roches). Et elles sont adultes et bien grosses (ce qui se comprend vu la faune qui profite du point d’eau). Pour la première fois j’ai trouvé un mâle de cette espèce, et même si je n’ai pu le photographier que par « en-dessous » j’ai été assez content. La femelle mesurait un peu plus de 20 mm tandis que le mâle 14 (une assez grande taille d’ailleurs, qui encore une fois doit s’expliquer par l’abondance de proies).

 

Autour de ce point d’eau voletaient quelques jolies papillons et un nombre impressionnant de libellules (une jolie demoiselle bleue s’est même posée sur mon doigt pendant que je photographiais une Argiope frelon). Près du sol et très rapidement, des Azurées du trèfle, Everes argiades tournoyaient autours de petites fleurs. Cependant, ils étaient très vifs, ça n’a pas été facile d’en photographier un !

Il y avait aussi des Myrtil, Maniola jurtina, dont une femelle qui se posa sur une plante haute à un mètre de moi, elle n’a pas trop bougé ce qui m’a permis de lui tirer le portrait.

Également, beaucoup d’Amaryllis (Pyronia tithonus) se baladaient de fleur en fleur à la recherche de nectar. Les deux individus que j’ai photographié sont des femelles.

 

Niveau libellule, il n’y avait que des demoiselles, des bleues et des rouges. Les bleues, je les avais déjà photographié lors de ma précédente visite, mais les rouges m’avaient échappées. Pas cette fois ! Ces libellules rouges se nomment Ceriagrion tenellum, ou Agrion délicat en français.

 

Je me suis ensuite éloigné du petit étang pour trouver… un chat qui roupillait par terre ! On trouve de tout dans la nature ! Je me suis approché, il n’a pas senti ma présence. Cependant après avoir photographié la Poliste qui va suivre, je l’ai vu déguerpir, sans doute plus intrigué qu’effrayé par ma présence.

 

Sur une plante pas loin du chat, une Poliste (Polistes sp., une cousine de la guêpe qui s’en distingue principalement par l’extrémité orangée des antennes) butinait. Une mouche volait également autour de la plante, se posait dessus de temps en temps et… la Poliste n’a pas toléré cette présence-là !

 

Près de l’étang et le long de ma randonnée, j’ai croisé beaucoup d’Oedipode (Oedipoda sp. et Oedipoda germanica, le criquet à ailes rouges). Ils se camouflaient assez bien dans leur milieu, mais jouaient trop souvent -à mon goût- aux kamikazes : en effet, à plusieurs reprises, je m’en suis prit dans la figure ! Et ces insectes assez trapus, non seulement on les voit venir, mais on les sens, quand ils s’écrase sur vous (heureusement sans conséquence ni pour percuté ni pour le percutant !).

 

Près d’un petit ruisseau, j’ai vu deux autres demoiselles, mais d’allure beaucoup plus imposante : deux Calopteryx virgo (Caloptéryx vierge en français) mâles.

 

En passant près d’une maison possédant un jardin, j’entends des « ploufs », je regarde par dessus le petit mur en pierre et je vois une marre aux grenouilles avec des grenouilles (à moins que ce ne soit un crapaud, mais je trouve que celle que j’ai photographié ressemble à la grenouille verte, Pelophylax kl. esculentus). Une seule est restée sur le bord de la marre, apparemment pas très inquiétée (peut-être habituée aux humains ?).

 

Sur un chemin en haut des vignes, j’ai découvert une toute petite zone où abondaient les papillons ! Partout où je posais le regard, il y avait un lépidoptère ! C’est tout simplement incroyable de voir autant de papillon ! Par ordre d’apparition : Hipparchia sp., Melitaea didyma (la Mélitée orangée ou le Damier orangé), et croisé un peu plus tard dans la ballade, Polyommatus coridon (l’Argus bleu-nacré).

 

Au cœur d’une vigne, je me suis assis pour goûter. C’est alors que j’ai vu un Xysticus sur une brindille plantée dans le sol. Il ne voulait pas quitter sa brindille, je l’embêtais, il tournait autours de sa branche, mais ne voulait absolument pas la quitter ! Toujours aussi photogénique !

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